Les (premiers) Princes de la Ville de Paris

un article pour Voir | publié le 15 juillet 2026

Le journaliste Olivier Granoux lève le voile sur une aventure très peu documentée de l’art urbain Français : l’épopée punk Parisienne au début des années 80 d’un petit groupe d’artistes qu’il a surnommé « Les Sauvages ».

Ils étaient tous en école d’art, biberonnés au punk et ont décidé que les rues de la Capitale seraient leur galerie, bien avant que le mot « street-art » soit arrivé de New-York ! « On leur apprend les techniques dans les écoles d’art, mais ils ne veulent pas en faire des choses classiques. Ils veulent casser les codes », décrypte l’auteur. Et Paris a joué un rôle central dans cette histoire. « Les écoles d’art dans les années 80 sont aussi des lieux de rencontre. La Cafeteria des Arts Déco, c’est l’endroit où il faut se croiser quand tu as envie de bouger, faire de la peinture ou de la musique. Les Beaux-Arts de Versailles, où est né le collectif Banlieue-Banlieue sont également un point central. » Paris dans les années 80, c’est également un village nocturne : au Bain-Douche ou au Palace, ces peintres d’un nouveau genre rencontrent des ministres comme des stylistes, des réalisateurs… Et ils se retrouvent le lendemain à peindre pendant un concert ou un défilé de mode, réaliser un décor de film. Afin de retracer leurs épopées, Olivier Granoux est allé fouiller dans les greniers et les caves pour retrouver des photos, taper à la porte de ceux qui s’appellent aujourd’hui Jérôme Mesnager, Blek le Rat, Speedy Graphito… Le résultat est un très beau livre qui nous replonge dans une époque, mais également dans un état d’esprit qui fait diablement du bien au moral !

The (First) Princes of the City

BEAUTIFUL BOOK – Journalist Olivier Granoux sheds light on a little-known chapter of French urban art: the early-80s Paris punk saga of a small group of artists he nicknamed “The Savages.” All of them were art students, brought up on punk, and decided that the streets of the capital would be their gallery — long before the term “street art” made its way over from New York! “They’re taught the techniques in art school, but they don’t want to make anything traditional. They want to break the rules,” the author explains. And Paris played a central role in this story. “Art schools in the 80s were also meeting places. The Arts Déco cafeteria was the place to run into people when you wanted to get things moving, paint, or make music. The Beaux-Arts in Versailles, where the Banlieue-Banlieue collective was born, was also a key hub.” Paris in the 80s was also a kind of nighttime village: at Bain-Douche or the Palace, these new-style painters would meet ministers as well as stylists, filmmakers… And the next day they’d meet up again to paint during a concert or a fashion show, or to create a film set. To trace their adventures, Olivier Granoux went digging through attics and basements to find photos, and knocked on the doors of those now known as Jérôme Mesnager, Blek le Rat, Speedy Graphito… The result is a beautiful book that takes us back to a specific era, and to a mindset that feels incredibly energising and uplifting !

« Les Sauvages, l’odyssée punk des Pionniers du Street Art Français », Olivier Granoux, 25€ (éditions Alternatives)

Légende : les Banlieue-Banlieue en pleine préparation d’une fresque pour Marco Ferreri, à l’occasion de son film I Love You.



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