Le mur de la honte: les 83 marques qui exploitent des ouïgours en mode esclave

un article pour Entendre, Gouter, Sentir, Toucher, Voir | publié le 15 septembre 2020

83 marques internationales font travailler des ouïgours dans des usines chinoises en mode travail forcé,  ambiance camp de concentration. Et nous avons tous un moyen d ‘agir maintenant: notre CB.

Personne n’est parfait et nous en premier. Mais quand on a l’impression que du sang dégouline des vêtements, agissons avec notre seule arme immédiate: notre porte-monnaie, ou notre C.B.

L’ ONG australienne ASPI vient de livrer un rapport qui fait froid dans le dos. Enfin non, l’expression est trop faible. Ca nous dégoute carrément. Comme vous le savez, depuis 2017, plus d’un million d’Ouïghours, une minorité musulmane chinoise, ont disparu dans un vaste réseau de « camps de rééducation » dans l’extrême ouest du Xinjiang, une région chinoise. On ne sait pas grand chose de ce qui se passe, mais à priori,  c’est certainement un génocide culturel , très certainement du travail forcé. Ainsi, on ne parle plus de personnes, mais de « lots de travailleurs » qui vont dans ces usines. Et c’est assumé si on lit une note officielle du comté de Karakax  « Pour chaque lot de travailleurs entraîné, un lot d’emplois sera aménagé avant le transfert« .

Sur place, on travaille et on ferme sa gueule. Et puis, éventuellement, on se fait prélever des organes qui vont être revendus selon cette enquête fouillée vice   – oui vous avez bien lu. Des organes appelés « halal » prélevés de force et revendus à prix d’or dans les pays du Golfe.

Bref, ce qui se passe là-bas, même si très peu d’infos sortent et que tout est verrouillé, c’est plus que dégueulasse. Alors oui, c’est loin. On a du mal à écrire tous ces mots sans faute d’orthographe. Et on pourrait dire, ça ne nous concerne pas. Mais ça rappelle des souvenirs –  en premier lieu, les Nazis qui en connaissaient un rayon sur le travail forcé –  qui ne sont pas les meilleurs. Et en tout cas, aujourd’hui, en 2020, nous ne pourrons pas dire « on ne savait pas ». « on était pas au courant ». Parce que ça serait plutôt « on était au courant, et on en avait rien à foutre ».

On va pas se pointer au fin fond de la Chine avec des flingues pour libérer tout le monde. On peut se contenter de râler derrière son ordi. Ou on peut utiliser la seule arme à notre disposition: notre CB et boycotter purement et simplement les  83 marques citées dans ce rapport.

Parmi elles, il y a des marques de mode qu’on kiffe, Adidas, Nike, Fila, Uniqlo, Lacoste… Mais tant que la situation ne sera pas clarifiée et qu’on est sûrs qu’il n’y a pas de trace de sang sur nos polos, nous les porterons plus. Nous n’en parlerons plus. Certaines marques ne sont pas citées mais, vu leurs politiques de prix et leur manque de transparence, genre shein , elles ne doivent pas être super « éthiques ».

Alors, nous allons commencer par balayer devant notre porte en enlevant tous les articles qui parlent de ces marques. Si vous en trouvez sur le site, parce qu’on les a oublié, signalez-le, on les virera. Et puis évidemment, on va faire du ménage dans le dressing. Pour l’instant, un seul homme politique Raphaël Glucksmann s’est emparé du sujet. Il interpelle des marques pour les faire bouger. Lacoste a ainsi promis d’enquêter sur le sujet en interne, Adidas également. Parce il faut aussi le dire: ils ne savent pas toujours ce que fabriquent leurs sous-traitants. C’est le moment ou jamais de le savoir justement. Raphael Glucksmann va suivre l’enquête de près. Et nous noterons au fur et à mesure les avancées dans ce projet.

Notre petite décision ne fait trembler personne, certainement pas les marques concernées et encore moins le gouvernement chinois… « Ca m’en touche une, sans faire bouger l’autre » aurait dit Jacques Chirac. Mais on se dit que si chacun prend ses responsabilités et fait la même chose que nous, la situation avancera. Alors on n’aura peut-être pas débarqué façon commando pour délivrer des gens, mais des portes s’ouvriront parce qu’un mur de la honte virtuel aura été dressé.

A ce propos, voici les noms des marques (qui ont elles-mêmes des filiales) qui font manufacturer leurs produits en mode travail forcé.

Abercrombie & Fitch, Acer, Adidas, Alstom, Amazon, Apple, ASUS, BAIC Motor, BMW, Bombardier, Bosch, BYD, Calvin Klein, Candy, Carter’s, Cerruti 1881, Changan Automobile, Cisco, CRRC, Dell, Electrolux, Fila, Founder Group, GAC Group (automobiles), Gap, Geely Auto, General Motors, Google, Goertek, H&M, Haier, Hart Schaffner Marx, Hisense, Hitachi, HP, HTC, Huawei, iFlyTek, Jack & Jones, Jaguar, Japan Display Inc., L.L.Bean, Lacoste, Land Rover, Lenovo, LG, Li-Ning, Mayor, Meizu, Mercedes-Benz, MG, Microsoft, Mitsubishi, Mitsumi, Nike, Nintendo, Nokia, The North Face, Oculus, Oppo, Panasonic, Polo Ralph Lauren, Puma, Roewe, SAIC Motor, Samsung, SGMW, Sharp, Siemens, Skechers, Sony, TDK, Tommy Hilfiger, Toshiba, Tsinghua Tongfang, Uniqlo, Victoria’s Secret, Vivo, Volkswagen, Xiaomi, Zara, Zegna, ZTE.

note du 22 juin 2020

Lacoste a promis d’enquêter sur le sujet en interne.

Adidas a promis d’enquêter sur le sujet en interne.

 

note du 2 juillet 2020

Nike a promis d’enquêter sur le sujet en interne

note du 9 juillet 2020 : Raphael Glucksmann a dénoncé les réponses floues, voire inexistantes de Nike, à ces questions très précises et son manque de transparence.

 

note du 2 août 2020

Tommy Hilfiger et Calvin Klein se sont engagés à mettre fin « dans les 12 prochains mois à toute relation commerciale » avec leurs fournisseurs mis en cause.

note du 3 septembre

H&M s’engage à prendre une décision sur sa chaîne de production dans les 15 jours pour exclure toutes usines qui feraient travailler de force des Ouïghours.

>> note du 15 septembre: Après enquête, H&M cesse toute relation avec son fournisseur chinois incriminé.

note du 30 novembre

Selon le New York Times, Nike et Coca-Cola font pression contre le projet de loi américain qui condamne le travail forcé au Xinjiang >>> Des groupes d’entreprises et de grandes entreprises comme Apple ont exhorté le Congrès à modifier la législation réprimant les importations de produits fabriqués avec le travail forcé des minorités musulmanes persécutées en Chine.

note du 11 janvier

Le gouvernement Canadien annonce une « interdiction d’importer » au Canada « des biens issus en tout ou en partie du travail forcé ». Les entreprises canadiennes établies au Xinjiang ou s’approvisionnant directement ou indirectement dans cette région devront également se conformer à une « déclaration d’intégrité » sur la situation des droits de l’homme.

> A voir si cette déclaration d’intégrité n’est pas qu’un simple papier sur l’honneur qui ne fait l »objet d’aucune vérification.

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7 Réactions

Si vous achetez chez toutes ces marques, vous êtes complices et vous validez ce qui se passe, alors il faut que tout le monde arrête d’acheter chez eux pour qu’ils réagissent et que tout cela s’arrête un jour !!! Encore une fois et comme pour tout, c’est ensemeble ensemble qu’on fera bouger les choses !

Bonjour
Je partage cet avis et en plus je verbalise les raisons pour lesquelles je refuse cet achat.
Nous vivons dans un monde où seul les intérêts financiers comptent, peu importe le mode de fabrication pourvu que cela rapporte plus compte tenu du fait que c’est produit par des esclaves du monde moderne….
Notre seul pouvoir consiste à refuser de consommer les fabrications en Chine ainsi que dans les pays pauvres où les ouvriers sont super exploités.

J’ai découvert cette information grâce à une émission diffusée sur antenne 2. Je suis scandalisée et vraiment peinée de découvrir comment on peut traiter des êtres humains. A partir d’aujourd’hui je vérifierais toutes les étiquettes des vêtements achetés en boutique.

oui je suis comme vous tous révoltée , nous avons tous le pouvoir de faire basculer cette exploitation, cette extermination
prenons ensemble des initiatives , pour aider ce peuple qui meure petit à petit
arretons d’acheter ces marques merci à vous tous merci la vie, le combat en silence commence dès maintenant

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