Le mur de la honte: les 83 marques qui exploitent des ouïgour en mode esclave

un article pour Entendre, Gouter, Sentir, Toucher, Voir | publié le 22 juin 2020

83 marques internationales font travailler des ouïgours dans des usines chinoises en mode travail forcé,  ambiance camp de concentration. Et nous avons tous un moyen d ‘agir maintenant: notre CB.

Personne n’est parfait et nous en premier. Mais quand on a l’impression que du sang dégouline des vêtements, agissons avec notre seule arme immédiate: notre porte-monnaie, ou notre C.B.

L’ ONG australienne ASPI vient de livrer un rapport qui fait froid dans le dos. Enfin non, l’expression est trop faible. Ca nous dégoute carrément. Comme vous le savez, depuis 2017, plus d’un million d’Ouïghours, une minorité musulmane chinoise, ont disparu dans un vaste réseau de « camps de rééducation » dans l’extrême ouest du Xinjiang, une région chinoise. On ne sait pas grand chose de ce qui se passe, mais à priori,  c’est certainement un génocide culturel , très certainement du travail forcé. Ainsi, on ne parle plus de personnes, mais de « lots de travailleurs » qui vont dans ces usines. Et c’est assumé si on lit une note officielle du comté de Karakax  « Pour chaque lot de travailleurs entraîné, un lot d’emplois sera aménagé avant le transfert« .

Sur place, on travaille et on ferme sa gueule. Et puis, éventuellement, on se fait prélever des organes qui vont être revendus selon cette enquête fouillée vice   – oui vous avez bien lu. Des organes appelés « halal » prélevés de force et revendus à prix d’or dans les pays du Golfe.

Bref, ce qui se passe là-bas, même si très peu d’infos sortent et que tout est verrouillé, c’est plus que dégueulasse. Alors oui, c’est loin. On a du mal à écrire tous ces mots sans faute d’orthographe. Et on pourrait dire, ça ne nous concerne pas. Mais ça rappelle des souvenirs –  en premier lieu, les Nazis qui en connaissaient un rayon sur le travail forcé –  qui ne sont pas les meilleurs. Et en tout cas, aujourd’hui, en 2020, nous ne pourrons pas dire « on ne savait pas ». « on était pas au courant ». Parce que ça serait plutôt « on était au courant, et on en avait rien à foutre ».

On va pas se pointer au fin fond de la Chine avec des flingues pour libérer tout le monde. On peut se contenter de râler derrière son ordi. Ou on peut utiliser la seule arme à notre disposition: notre CB et boycotter purement et simplement les  83 marques citées dans ce rapport.

Parmi elles, il y a des marques de mode qu’on kiffe, Adidas, Nike, Fila, Uniqlo, Lacoste… Mais tant que la situation ne sera pas clarifiée et qu’on est sûrs qu’il n’y a pas de trace de sang sur nos polos, nous les porterons plus. Nous n’en parlerons plus. Certaines marques ne sont pas citées mais, vu leurs politiques de prix et leur manque de transparence, genre shein , elles ne doivent pas être super « éthiques ».

Alors, nous allons commencer par balayer devant notre porte en enlevant tous les articles qui parlent de ces marques. Si vous en trouvez sur le site, parce qu’on les a oublié, signalez-le, on les virera. Et puis évidemment, on va faire du ménage dans le dressing. Pour l’instant, un seul homme politique Raphaël Glucksmann s’est emparé du sujet. Il interpelle des marques pour les faire bouger. Lacoste a ainsi promis d’enquêter sur le sujet en interne, Adidas également. Parce il faut aussi le dire: ils ne savent pas toujours ce que fabriquent leurs sous-traitants. C’est le moment ou jamais de le savoir justement. Raphael Glucksmann va suivre l’enquête de près. Et nous noterons au fur et à mesure les avancées dans ce projet.

Notre petite décision ne fait trembler personne, certainement pas les marques concernées et encore moins le gouvernement chinois… « Ca m’en touche une, sans faire bouger l’autre » aurait dit Jacques Chirac. Mais on se dit que si chacun prend ses responsabilités et fait la même chose que nous, la situation avancera. Alors on n’aura peut-être pas débarqué façon commando pour délivrer des gens, mais des portes s’ouvriront parce qu’un mur de la honte virtuel aura été dressé.

A ce propos, voici les noms des marques (qui ont elles-mêmes des filiales) qui font manufacturer leurs produits en mode travail forcé.

Abercrombie & Fitch, Acer, Adidas, Alstom, Amazon, Apple, ASUS, BAIC Motor, BMW, Bombardier, Bosch, BYD, Calvin Klein, Candy, Carter’s, Cerruti 1881, Changan Automobile, Cisco, CRRC, Dell, Electrolux, Fila, Founder Group, GAC Group (automobiles), Gap, Geely Auto, General Motors, Google, Goertek, H&M, Haier, Hart Schaffner Marx, Hisense, Hitachi, HP, HTC, Huawei, iFlyTek, Jack & Jones, Jaguar, Japan Display Inc., L.L.Bean, Lacoste, Land Rover, Lenovo, LG, Li-Ning, Mayor, Meizu, Mercedes-Benz, MG, Microsoft, Mitsubishi, Mitsumi, Nike, Nintendo, Nokia, The North Face, Oculus, Oppo, Panasonic, Polo Ralph Lauren, Puma, Roewe, SAIC Motor, Samsung, SGMW, Sharp, Siemens, Skechers, Sony, TDK, Tommy Hilfiger, Toshiba, Tsinghua Tongfang, Uniqlo, Victoria’s Secret, Vivo, Volkswagen, Xiaomi, Zara, Zegna, ZTE.

note du 22 juin 2020

Lacoste a promis d’enquêter sur le sujet en interne.

Adidas a promis d’enquêter sur le sujet en interne.

 

note du 2 juillet 2020

Nike a promis d’enquêter sur le sujet en interne

> note du 9 juillet 2020 : Raphael Glucksmann a dénoncé les réponses floues, voire inexistantes de Nike, à ces questions très précises et son manque de transparence.

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