Claris Virot: le parcours atypique de la créatrice de sacs préférés des Parisiennes

un article pour Voir | publié le 1 mars 2026

En 10 ans, Clarisse Virot a imposé son style joyeux et décomplexé dans l’univers des sacs de luxe. Mais le chemin fut long avant d’arriver à fonder sa propre marque. Cette femme lumineuse et chaleureuse nous raconte comment elle a dépassé toutes ses limites, et ses craintes afin de vivre ce rêve !

Votre parcours dans la mode est plutôt atypique…

Oui ! (rires) Déjà j’ai eu une enfance atypique. Mes parents étaient directeurs d’hôtels saisonniers, l’été à Saint Tropez, l’hiver à Courchevel et entre les deux, nous habitions en Auvergne. Toute petite, je faisais une école différente chaque trimestre. Cette enfance-là m’a donné le goût du mouvement et du voyage, mais aussi d’une certaine mode. Petite, je voyais défiler dans l’hôtel une clientèle internationale, des jolies femmes qui aimaient bien s’habiller pour sortir. C’était les années 70 et 80 : il y avait un certain sens du style et de l’exubérance. Ca a défini mes goûts.

D’ailleurs, c’est une de vos clientes qui va vous mettre le pied à l’étrier !

J’avais 14 ans et Carine Roitfeld est venue à l’hôtel avec son mari et sa fille, Julia, 4 ans à l’époque. Elle m’a demandé de faire un peu de babysitting pour elle et nous avons parlé. Elle m’a raconté son métier de jeune rédactrice mode. J’avais trouvé ma vocation ! A 18 ans, je suis montée à Paris et j’ai commencé à faire des stages dans les magazines. Mais très vite, j’ai eu envie de voir les autres métiers de la mode, notamment pour une marque, en l’occurrence Kookaï. J’ai besoin de tout le temps apprendre sinon je me lasse. Là j’ai travaillé dans les boutiques, j’ai fait les achats, puis le style et enfin la presse. Je n’ai pas fait d’école, j’ai appris sur le tas.

Mais ce qui peut définir votre œil, c’est quand même l’appétence pour une les détails qui signent une silhouette…

C’est le fil rouge de tout mon parcours. C’est savoir qu’est-ce qui fait un style ? Quel accessoire signe une silhouette ?

Le voyage, l’envie d’accueillir des gens, continue de vous travailler car à un moment, vous lâchez tout pour ouvrir un restaurant un Courchevel …

Les montagnes et le ski me manquaient trop ! Mais je savais qu’il fallait une vie plus stable pour mes enfants… Je suis donc remontée à Paris. Et je me suis lancée dans les ventes privées.

Comment est venue l’envie d’avoir votre propre marque ?

C’était un désir complètement enfoui. Je crois que je ne l’assumais pas parce que j’estimais ne pas être légitime… j’ai eu et j’ai encore le syndrome de l’imposteur car je n’ai pas fait d’études. C’est un regret, j’aurais dû passer par cette case étude : j’aurais pu apprendre des choses, comme la gestion, qui m’auraient épargné des soucis plus tard. Après j’ai toujours fonctionné à l’instinct et j’ai très peur du jour où je ne vais plus m’écouter moi pour écouter les gens. Des conseils où on nous en donne tous les jours mais après on ne sait plus où aller. On perd notre identité de marque.

En même temps, comme vous n’aviez pas le même parcours que tout le monde, vous avez un œil très différent sur la mode et c’est cela qui a fait votre succès… Votre tout premier sac, celui a fait votre succès, ne ressemblait à aucun autre !

A l’époque, je partais en vacances à Bali, où je me faisais faire des accessoires. J’adorais l’artisanat local, et puis tout était facile à organiser. Cet été-là, je me suis fait faire une sorte de « camera bag » en python jaune pétant… et le soir-même, à un vernissage, toutes les femmes me demandaient où je l’avais acheté. Et ça a continué à Paris. Un ami a remarqué cet engouement et a commencé à me dire qu’il faudrait peut-être faire quelque chose de cet enthousiasme. Je lui ai dit « non » pendant des mois. Et puis finalement, je me suis décidé : si nous arrivions à trouver un fournisseur à Bali pour produire des sacs de luxe à prix raisonné, on lancerait la marque. Et il se trouve que nous avons eu la chance de rencontrer un homme formidable, avec un savoir-faire exceptionnel, qui est devenu notre fournisseur exclusif. Son atelier ne travaille que pour nous, ce qui nous permet de contrôler parfaitement la qualité. Ce sac, je l’ai appelé « le charly », le nom de ma fille et il est devenu notre best-seller.

Au début, vous ne vouliez même pas donner votre nom à la marque !

Mon associé me poussait à trouver un nom et tout était déposé. Il me disait de l’appeler « Clarisse Virot » et je répondais : hors de question… j’ai fini par céder mais j’ai mis un an à dire aux gens que la marque allait s’appeler « Claris Virot ». J’ai un peu transformé mon vrai nom et maintenant je m’y suis un peu plus habituée. C’est un peu dissocié de moi.

Votre patte, c’est d’abord votre travail sur la couleur, très rafraichissant dans l’univers parisien et des prix accessibles pour un produit de luxe…

J’adore les couleurs et les imprimés… en all-over ou juste une touche ! Et la qualité du sac est effectivement exceptionnel : tout est fait à la main dans notre atelier de Bali. Même la chaine du Charly par exemple est martelé à la main… Un savoir-faire unique. C’est vraiment du luxe à un prix relativement accessible.

Votre emblème est le scarabée : comment est-il arrivé ?

J’aimais sa symbolique, la renaissance… mais je n’aurais imaginé qu’il prenne une telle place dans la marque ! Aujourd’hui nous proposons même à nos clientes de venir en boutique pour apposer un scarabée sur leurs sacs, si elles ont les premiers modèles où ils n’étaient pas.

Aujourd’hui, Claris Virot, c’est également des chaussures et des lunettes

La sandale, c’était naturel. J’en porte tout le temps… et puis j’ai aussi fait des collabs, comme dernièrement avec les baskets Etonic. Pareil pour les lunettes : c’est une collab qui a très bien marché alors on a décidé de les prolonger en vue et en solaire. Le produit est très qualitatif, et je réalise les designs avec les formes et les couleurs.

Les voyages vous inspirent beaucoup et Paris aussi ?

Paris, c’est la ville du style. Il suffit de se mettre à une terrasse de café pour avoir mille idées ! J’aime aussi marcher dans Paris, aux Tuileries près de la boutique… et découvrir les petits restaurants, les petites rues particulièrement du côté du Marais ou du Sacré-Cœur. Et puis des émotions constantes, lorsque je me balade en scooter… Sur les quais, c’est tellement beau !

Comment choisir un sac ?

Avant tout, il faut qu’il soit pratique ! Il faut se demander ce que vous mettez dans votre sac tous les jours. Moi par exemple, je n’ai pas besoin d’un gros sac car je ne transporte pas un ordinateur… En revanche, mes lanières sont cross-body : je roule en scooter et il faut que le sac puisse être bien tenu. Après ça doit être un coup de cœur !

Vous proposez un nouveau service : le sac personnalisé.

Oui nous pouvons le faire car nous travaillons avec cet atelier à Bali. Je prends rendez-vous avec la cliente à la boutique : elle choisit une forme existante de sacs, puis la peau ou le cuir souhaité. Ensuite il doit choisir tous les détails, le tipping, la métallerie, la chaine, l’étiquette, le tissu à l’intérieur du sac… Ca dure environ deux heures. Nous créons la fiche de sac et il est réalisé ensuite sur mesure. La cliente le récupère deux mois plus tard.

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